Comment la disparition du petit gibier explique-t-elle la propagation des sangliers?
R. M. : A la fin des années 1960, la chasse est devenue un loisir courant, avec pas moins de deux millions d’adeptes en France, un record. Mais la disparition du petit gibier, cible privilégiée des chasseurs, risquait d’y mettre fin. L’idée s’est alors imposée de développer les populations de grand gibier, notamment de sangliers, afin d’offrir aux chasseurs de nouvelles proies.
Pour ce faire, plusieurs mesures ont été mises en œuvre : tout d’abord l’élevage, qui a permis de lâcher des individus dans des milieux où le sanglier n’était pas ou plus présent, ainsi que l’alimentation : des céréales et des légumes abîmés ont été laissés à leur disposition, ainsi que de l’eau. Une chasse dite « de conservation » a été mise en place, évitant de tuer les mâles reproducteurs et les truies dominantes, nécessaires à la cohésion des hardes de sangliers.


